Photogénique
L’été arrivait et trainait derrière elle le cortège de mouches de la télé-réalité.
Avant l’invasion, le rythme médiatique s’était bien installé et ni les téléspectateurs ni leurs pourvoyeurs n’avaient envisagé de rompre leurs habitudes les mieux ancrées.
Malheureusement, maintenant que les zombies constituaient le gros de la population, trouver des corps sveltes et libidineux nécessaires à la qualités des émissions rajoutait une difficulté auxquelles les producteurs n’avaient jamais fait face. Que les acteurs potentiels ne savent que baver et grogner ne présentaient pas un problème majeur, non, ils s’en étaient déjà accomodés par le passé. Mais la libido de poisson mort des seuls candidats disponibles posait un sérieux problème d’audimat.
Quand la fête de la musique dégagea le printemps à coup de guitares désacordées pour laisser place à l’été, les citoyens s’interrogaient encore sur ce qu’on allait leur servir. Heureusement, comme à chaque fois, les story-tellers de la télé avaient trouvé la recette.
Enfin, après des années de tentatives infructueuses, enfin, la télé allaient pouvoir montrer des cadavres puants et pourrissants aux masses avides.
Le crash d’un avion 2 semaines avait fait monter la pression, chez le public comme chez les producteurs de JT, laissant espérer à tout le monde qu’un cadavre gorgé d’eau serait repêcher sous l’oeil attentif d’une caméra mais les autorités avaient été trop vigilantes, aucun corps n’avait eu son quart d’heure de célébrité.
Quand “Dead people” démarra, ce fut l’explosion.
Les producteurs avaient préparés leur coup. Le CSA soulevait un léger problème d’éthique ? Ils rétorquaient que les zombies maintenant partie intégrante de la société étaient des acteurs comme les autres, avec des organes internes un peu moins internes que les autres simplement.
Un concept fort : 12 zombies,confinés dans une villa recouverte de tôle et située en plein soleil. Tous les jours à 19H00, on jetait des abats d’animaux et on laissait les zombies s’entre déchiraient. Tous les samedi, on les pesait et celui qui avait perdu le plus de son intégrité corporelle était éliminé (généralement abattu et donné aux autres en patûre pour l’émission du dimanche).
La chaleur aidant, le processus de décomposition était particulièrement spectacualaire et Lison, l’une des candidates, remporta même un franc succés quand son abdomen éclata lors du prime, gonflé par les gazs de putréfaction.
En 2 semaines de diffusion, les machines à café résonnèrent à nouveau des discussions des spectateurs. D’aucuns arguaient que la perte de ses membres inférieurs mettaient sérieusement Cedric en difficulté, a quoi d’autres répliquaient que maintenant que Lison s’étaient vidée sur le tapis du salon, elle ne devait plus peser bien lourd.
Succés chez les vivants, l’émission semblait aussi attirer les morts-vivants vers leurs écrans, erigeant l’audimat d’autant plus.
Notre président s’est offusqué de l’émission, les 2 premières semaines, advisant qu’il jugeait plus intelligent de diffuser des spectacles comiques pour cultiver la population. Mais il a dû se faire au succés de l’émission depuis, on murmure même que son prochain mariage pourrait être avec Lison si sa cote de popularite dépasse celle de sa feme actuelle…








